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Les 3 postures à éviter dans sa relation aux autres

Dernière mise à jour : 27 janv.

Au travail ou à la maison, dans nos relations, certains schémas se répètent inlassablement : conflits, rancunes, incompréhensions, impuissance, sur-responsabilité…


Le triangle dramatique de Karpman offre une grille de lecture puissante pour comprendre ces dynamiques relationnelles et constitue un outil précieux en coaching et en Programmation Neuro-Linguistique (PNL).



Une lecture qui a fait ses preuves


Stephen Karpman, psychiatre des années 1960, explique un jeu psychologique inconscient dans lequel les individus changent régulièrement de rôles. Ils peuvent être tour à tour et à chaque moment :

Ces rôles sont des états à un moment donné et ne touchent pas l'identité en elle-même. Tout comme les états du moi dans l'Analyse Transactionnelle, ce sont des positions relationnelles. Une même personne peut passer de l’un à l’autre au cours d’un même échange.


La victime


Elle se sent impuissante et subit les événements ou les autres. Elle adopte des croyances freinantes telles que :

  • « Je n’y peux rien »

  • « Ce n’est pas de ma faute »

  • « Personne ne m’aide vraiment »

La souffrance est réelle car elle est créé par une posture psychologique qui nie la responsabilité personnelle afin que ce soit une autre personne qui l'endosse.


Le persécuteur


Le Persécuteur a un esprit critique aiguisée et n'hésite pas à l'utiliser. Il accuse, voire impose car il se sent en droit de le faire. Il garde le contrôle à travers :

  • le reproche

  • l’agressivité (ouverte ou passive)

  • la domination morale ou hiérarchique

Il se vit souvent comme « celui qui dit la vérité » ou « celui qui fait respecter les règles ».


Le sauveur


Le Sauveur aide sans attendre une demande. Il intervient et prend en charge les problèmes des autres malgré eux. Ses croyances clés :

  • « Sans moi, l’autre ne s’en sortira pas »

  • « Heureusement que je suis là »

Malheureusement, il renforce involontairement la dépendance. En voulant aider, le Sauveur empêche l’autonomie et récupère les lauriers de la réussite.


Pourquoi est-ce un jeu relationnel inconscient ?



Le triangle devient « dramatique » parce qu’il fonctionne comme un jeu. Une fois un rôle endossé, il est fréquent que l'interlocuteur reprenne un rôle complémentaire vacant. Finalement, chacun y trouve un bénéfice : la reconnaissance, le pouvoir, la justification, le sentiment d’utilité.



Les rôles tournent et chacun change son rôle de manière spontanée, l'inconscient s'asseyant sur nos expériences passées et les résultats de nos actions, en fonction de nos besoins. Si j'ai besoin de reconnaissance, je vais me placer en victime, si la conversation tourne et que j'ai besoin de prendre le pouvoir, je vais rapidement sauté dans le costume du persécuteur ou du sauveur. L'interlocuteur s'adapte et change aussi de costume ! Le conflit ne peut pas se résoudre car aucun n'est authentique et créatif dans son costume de protection.


Ces jeux apparaissent fréquemment :

  • au niveau professionnel : dans les relations manager/collaborateur, dans les équipes

  • au niveau personnel : dans la relation coaché–environnement (enfants, conjoint.e, famille, amis)

  • au niveau social : dans les relations au niveau des loisirs, culture, etc...


La responsabilité personnelle


Mon principe préféré en PNL est que chacun est responsable de son état et de ses choix. Sortir du triangle, c’est déjà prendre conscience que nous sommes enfermés dans un costume trop étriqué pour que le conflit ne se règle.

En prendre conscience permet de changer consciemment de posture pour sortir du rôle :

  • de la plainte (victime) à la remise en question, voire à l'action

  • de la domination (persécuteur) à l’assertivité (capacité à s’exprimer et à défendre ses droits sans empiéter sur ceux d'autrui)

  • de la réaction (sauveur) au questionnement


Concrètement ? Comment en sortir ?


La première étape est de découvrir quel est le rôle dominant que nous utilisons. Quel est le rôle que j'adopte le plus souvent ? Dans quel contexte ? Avec quelles personnes ? Devenir honnête avec soi-même et accepter que notre comportement n'est pas toujours adulte et réfléchi est déjà une avancée incroyable. Nous sommes souvent porté par des réflexes, des automatismes inconscients. Avancer, c'est en prendre conscience justement.


Une fois la première étape digérée, la deuxième étape est la prise de responsabilité afin de rechercher une posture plus adéquate à la situation.

  • L'action à la place de l'immobilisme : posez vous la question « Qu’est-ce qui dépend de moi ? ». Quelle est ma responsabilité dans cet échange, comment puis-je me placer en adulte, en responsable de mes choix et de mes ré-actions ? Puis faites des choix. Ils ne seront peut-être pas parfaits, ni efficients, ni utiles. L'important est qu'ils engagent votre propre changement et votre propre posture. L'action n'est pas le reproche à l'autre (donc le changement de rôle en persécuteur) mais la remise en question de soi-même.

  • L'assertivité à la place de la domination : Dites le tout haut "Il n'y a pas de vérité unique". En PNL, c'est le principe "la carte n'est pas le territoire". J'ai mis du temps pour le comprendre dans mon rôle de parent surtout. Etre parent, patron ou expérimenté ne fait pas de nous des portes paroles de vérité. Chacun a sa propre vision de la réalité, et sa propre manière de régler ses problèmes. Dans votre relation, sans jugement ni agressivité, exprimez ce qui est acceptable pour vous et ce qui ne l’est pas. Si votre besoin est exprimé sans atteinte à la liberté et à l'identité de votre interlocuteur, la relation a plus de chance de se construire. Nous pouvons vivre dans des réalités différentes sans dominant, ni dominé.

  • Le questionnement à la place du sauvetage : mes filles se sont souvent agacées lorsque je répondais à leur demande en posant des questions, alors qu'elles attendaient une solution. Je me rangeais alors dans mon rôle de maman sauveuse en leur disant quoi faire et je pense que je me suis trompée de posture. Et parfois, je m'imposais en tant que sauveuse, permettant de nourrir mes besoins de reconnaissances et d'utilité. Poser des questions permet à l'autre de passer de l'émotionnel à la réflexion, de prendre du recul et de réfléchir. C'est une posture adulte et adapté, qui permet à l'autre de trouver sa propre solution en fonction de ce qu'il est, et non d'adopter la solution toute faite qui ne conviendra peut-être pas.


Dans ces tentatives de changements, qu'elles réussissent ou non (persévérez !!!!!), sont inconfortables. Elles sont à accueillir ! Si cela vous fait du bien, verbalisez le.

"Je me rend compte que je suis dans un rôle qui n'est pas constructif. Je te propose de reprendre plus tard calmement"

"Je n'aime pas la tournure de la conversation, laisse moi une minute pour réfléchir et me reprendre"


Le triangle dramatique de Karpman ne doit pas être utilisé comme une culpabilité, un remord, un regret. C’est un outil de compréhension qui permet de mettre de la conscience là où il y avait de l’automatisme.

En sortant du triangle, nous gagnons pour soi :

  • en clarté relationnelle

  • en autonomie

  • en responsabilité

  • en qualité de communication

Et surtout, nous choisissons choisir notre posture.


Si l'interlocuteur n'a pas envie de sortir de son rôle et persiste dans le triangle dramatique, malgré votre changement de positionnement, reportez la conversation à un autre moment et reposer les choses plus tard.

Verbalisez. "je suis en mode victime et j'aimerai une vrai conversation, je préfèrerai reprendre plus tard" ou "je deviens désagréable et je voudrais pouvoir me calmer avant de reprendre" ou "j'essaie de changer ma posture pour discuter agréablement mais cela ne fonctionne pas, peux t-on en parler plus tard, lorsque nous serons mieux tous les 2 ?"

C'est possible avec son enfant (même petit), son/sa conjoint.e, son patron même ! L'interlocuteur réfléchira à un moment donné, une fois sa tristesse ou sa colère passées... Et la relation sera possible.

Vous remarquerez que chacune de mes phrases exemples ne parle QUE de soi, pas de l'autre.


Expérimentation et patience !


Sortir du triangle dramatique ne se fait pas du jour au lendemain, et ce n’est pas un objectif à atteindre à tout prix. C’est avant tout un chemin de conscience, fait de petits ajustements, d’essais, parfois de maladresses… et de progrès. Chaque fois que vous identifiez un rôle, que vous posez une limite, que vous faites un choix un peu plus aligné, vous créez déjà du changement. Sans vous juger, sans chercher la perfection. Juste avec curiosité et bienveillance. Et si, finalement, il ne s’agissait pas de « ne plus jamais y entrer », mais simplement d’en sortir un peu plus vite, un peu plus sereinement, et surtout en restant fidèle à toi-même.


:-)



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